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Le cancer de la prostate

Incontinence urinaire après une opération de la prostate

PD Dr méd. André Reitz, KontinenzZentrum Hirslanden Zurich

Les voies urinaires se composent de la vessie et de l’appareil sphinctérien. Un réseau de voies nerveuses assure la fermeture étanche de la vessie, dans laquelle s’accumule l’urine, ainsi que sa vidange complète. Toute perte involontaire d’urine, que l’on appelle fuite urinaire, est due à un dysfonctionnement des voies urinaires. Une fuite urinaire provoquée par une quinte de toux, un éternuement ou un effort physique indique une faiblesse du sphincter de la vessie. Durant l’effort, la pression exercée sur la vessie est supérieure à la résistance du sphincter, ce qui entraîne un écoulement d’urine involontaire appelé incontinence urinaire d’effort.

L’opération de la prostate est la cause la plus fréquente d’incontinence urinaire d’effort chez l’homme. Si le sphincter de la vessie est endommagé lors de l’intervention chirurgicale et qu’il ne ferme plus de façon étanche, des fuites urinaires peuvent survenir. Après une résection partielle de la prostate, il est très rare que l’incontinence soit durable. En revanche, l’ablation totale de la prostate peut endommager le sphincter. Environ 10 à 20% des hommes ayant subi une telle opération souffrent, au moins de façon transitoire, de fuites urinaires. Grâce à un entraînement intensif du plancher pelvien et du sphincter réalisé sous la direction du médecin ou d’un physiothérapeute spécialement formé à cet effet, la continence peut être rétablie en quelques semaines ou mois dans la plupart des cas. Un traitement médicamenteux, notamment par le principe actif duloxétine, peut soutenir l’entraînement du plancher pelvien.

Lorsque les fuites urinaires sont faibles, elles peuvent être traitées par injection péri-urétrale: après une anesthésie locale de l’urètre, on injecte au patient une pâte visqueuse à base de plastique dans la paroi du canal urétral pour resserrer la voie excrétrice. Cela permet de maîtriser, voire d’empêcher l’écoulement d’urine involontaire.

Ces dernières années, des bandelettes ou «male slings» ont été développées pour les hommes souffrant d’incontinence urinaire d’effort. En effet, il a été observé que suite à une ablation de la prostate, l’urètre peut être moins bien ancré dans le plancher pelvien et descendre, le mécanisme de fermeture ne fonctionnant alors plus de façon optimale. Le principe des bandelettes consiste à placer chirurgicalement une bande en plastique sous l’urètre, qui va former une sorte de hamac pour le soutenir. Ce dernier va empêcher la descente de l’urètre en cas de toux ou d’activité physique et assurer une meilleure fermeture.

Le système de ballons péri-urétraux est un système complètement implantable permettant le rétablissement de la continence après une opération de la prostate. Il se compose de deux ballons de silicone – à peu près de la taille de cerises – reliés par une tubulure. Les ballons sont placés de part et d’autre de l’urètre juste sous le col de la vessie et sont remplis de liquide. Placée sous la peau du scrotum, la tubulure peut être sentie à travers la peau. Après la pose, on commence à remplir progressivement les ballons. Au fur et à mesure du remplissage, les deux ballons resserrent l’urètre et augmentent ainsi la continence.

Le sphincter artificiel se compose de trois éléments: une manchette, une pompe de contrôle et un ballon. Les éléments sont reliés entre eux par des tubes en silicone et forment un système à part entière complètement implanté dans le corps. La manchette permet la fermeture de l’urètre afin d’éviter tout écoulement d’urine involontaire. Pour la vidange de la vessie, un mécanisme d’ouverture entre en jeu. Grâce à la pompe de contrôle, le liquide est évacué de la manchette, la pression exercée sur l’urètre diminue et le patient peut ainsi uriner. Pendant que la vessie se vide, le liquide provenant de la manchette passe par le ballon et y reste pendant un bref moment. Le ballon se trouve à proximité immédiate de la vessie ou dans l’abdomen; il est de plus rempli avec une certaine surpression. Cette pression fait que, quelques minutes après la miction, le liquide retourne spontanément du ballon vers la manchette, qui referme ensuite l’urètre.

Cet article a été rédigé par le Dr André Reitz pour le site lecancerdelaprostate.ch. L’auteur est responsable de son contenu.

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Site modifié le 27. novembre 2011
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